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dimanche, 03 février 2008

Rencontre avec Kastriot Aliu, étudiant à l'Université de Pristina

 

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Kastriot Aliu est étudiant en langue et littérature française à l’université de Pristina. Agé de 22 ans, il travaille aussi à l’Espace Culturel Français de la faculté, où il est en charge de la médiathèque.

Sa première rencontre avec la langue française, il la fait en 1995, lorsque lui et sa famille émigrent en Suisse pour fuir une situation qui se dégrade jour après jour au Kosovo. Scolarisé dans une classe francophone à Fribourg pendant 5 ans, il rentre à Pristina en 2000. Il fait parti aujourd’hui des 7000 étudiants de la faculté de Pristina… 


podcast

CM – GD 

Photo GD

vendredi, 01 février 2008

Pristina, Pristina?

Pristina, mardi 22 janvier, nous ne restons que trois jours dans la principale ville de la province, trois jours pour prendre le pouls de cet endroit qui ne ressemble à aucun autre.

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Hommage aux disparus pendant la guerre

GD


Envahie par les véhicules de l’ONU, la vie à Pristina tourne autour des bâtiments de l’Unmik. A deux pas d’ici, une enseigne lumineuse annonce « American school of Kosova » au sommet d’un bâtiment. Dans cette zone se trouvent les enseignes internationales et les restaurants, largement fréquentés par les internationaux. Ici peut-être plus qu’ailleurs, les expatriés vivent dans leur bulle d’Occident.

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Promotion, propagande, question de point de vue
GD


Un après-midi passé à arpenter les principales artères de Pristina, qui ne se laisse pas apprivoiser au premier coup d’œil. Urbanisme chaotique, trottoirs défoncés, tout paraît en construction, Pristina semble renaître de ses cendres. La pollution a déposé un voile gris sur la ville. Conjugués à l’humidité hivernale, les gaz d’échappement assaillent la gorge.

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A l'écart du centre ville, des habitations luttent pour rester debout
GD

 

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Une mosquée se reflète dans les vitres de l'assemblée du Kosovo
GD


En plein centre ville, un terrain mal entretenu fait office de campus universitaire. Il est l’image d’un système universitaire en crise : faible nombre d’étudiants, des disciplines scientifiques délaissées, bref un manque de moyens général. A une centaine de mètres de la bibliothèque et du bâtiment de cours, une église abandonnée se dresse sur ce terrain en friche. Les croassements incessants des corbeaux et un hélicoptère qui tourne dans le lointain achèvent d’appesantir  l’atmosphère.

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Jeux d'enfants
GD


Au loin les montagnes enneigées me disent que le Kosovo pourrait être un bel endroit. J’ai mis plus de temps que d’ordinaire à brancher mon micro, ne sachant trop comment raconter ces lieux et ces personnages. L’impression d’une vérité incomplète.

 

CM

 

mercredi, 23 janvier 2008

Entretien avec Marko Stojanovic de Student Union of Serbia

Pendant que Gautier et Céline sont au Kosovo, les interviews ont continué à Belgrade, avec Marko Stojanovic. Ce jeune associatif, qui vient de finir son mandat d'international officer pour SUS, nous livre une vision critique et lucide des relations entre la Serbie et l'Europe, tout en donnant à comprendre la situation étudiante à Belgrade.

 

Belgrade - Pristina : voyage au bout d'une nuit

Gare routière de Belgrade, 22h. Nous sommes les deux seuls étrangers dans le bus. Direction Pristina, Kosovo. Les chauffeurs, amusés par nos quelques mots de serbe, nous donne une place de choix a l’avant. Le bus s’arrête à plusieurs reprises au bord de l’autoroute. A chaque fois, une ou deux personnes attendent dans la nuit.

Après deux heures de voyage, pendant lesquelles le paysage devient de plus en plus montagneux, le bus s’arrête. C’est l heure de pause. Avant même de pénétrer dans le restaurant, des portraits de Tito nous entourent. A l’intérieur, outre les tableaux à l’effigie du maréchal, une grande carte de Yougoslavie tapisse le mur. Une bibliothèque est exclusivement dédiée au personnage, ainsi que des bustes et autres objets.

Apres cette pause insolite, direction Nis, où nous quittons l’autoroute pour une route plus tortueuse. Ambiance détendue, les chauffeurs nous tendent une cigarette, les hauts parleurs du bus crachent de la pop serbe.

Au milieu de nulle part, à une cinquantaine de kilomètres de la "frontière internationale", nous croisons le car qui remonte vers Belgrade. Stupéfaction : nous stoppons à sa hauteur, les chauffeurs échangent les plaques minéralogiques, l’une serbe, l’autre kosovare. Nous supposons qu’une plaque serbe en zone albanaise du Kosovo représente un risque.

Pour entrer au Kosovo, il faut franchir deux check points. Un premier contrôle d’identité au barrage serbe. Quelques mètres plus loin, les policiers de l’UNMIK, la force intérimaire du Kosovo (ONU), fouille les bagages et monte à bord. Est-ce une frontière que nous passons? Le laissez-passer de l ONU peut nous le laisser croire. Lorsque nous croisons des voitures albanaises, les chauffeurs, "taquins", restent en pleins phares. Micro-resistance?

CM
GD

vendredi, 18 janvier 2008

A l'auberge

 

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Avant de partir, discussion passionnée entre lui, croate, et elle, serbe, sur la question du Kosovo.
@LF 

Une nuit à Belgrade

Il y a presque 10 ans, alors que Belgrade tremblait sous les bombardements, la jeunesse se retrouvait pour danser dans les caves des immeubles, pied-de-nez aux étages qui s'écroulaient.

2008, à l'auberge de jeunesse, avec des Croates, des Serbes, des Américains, autour d'une bouteille et de fajitas. Discussion de voyageurs sur le Kosovo. Points de vue divergents. Pourtant on joue au chat dans la cuisine.

2008, un peu plus tard, avec la jeunesse dorée de la capitale serbe. Des shooters, de la musique traditionnelle jouée "live" sur des beats internationaux. Un mélange des genres, un mélange des alcools, la même envie de s'amuser. Une ouverture entre tous les vents de la rose, et cette fois sans heurt.

Est-ce cela, la Serbie d'aujourd'hui ?

Quelques photos partiales de notre nuit, entre le Stephen Brown Garden, Winter, et le Theatre, versions ultraviolet et  noir & blanc.
Il y a aussi le portfolio de Staubprojekt.

Merci à Marko pour tout.

jeudi, 17 janvier 2008

Entretien avec Valentina Boskovic, International Officer SUS

"We cannot expect a change suddenly, but we have to work for that" Valentina Boskovic

Interview réalisé hier après-midi, dans les locaux du SUS. 

 

mercredi, 16 janvier 2008

Jour 2 : Immeubles en vrac, gendarme pas photogénique et engagement étudiant

Balade dans les rues de la capitale. Là encore, les affiches de campagne sont partout, parfois sur des murs portant les stigmates de la guerre passée.

Des immeubles détruits par les missiles de l’OTAN sont conservés, au bord d’un boulevard ou coincés entre deux bâtiments rénovés, à peine isolés des passants qui ne semblent plus les voir. Je suis surprise de voir que nous sommes les seuls à lever les yeux. Certains, eventrés ou en partie effondrés, sont protégés par une pallissade; d'autres , toujours occupés, portent des impacts de balles. 

Le quartier rassemble essentiellement des ambassades et des bâtiments officiels, des militaires en arme stationnés aux coins des rues; l'un d'entre eux refuse de se laisser photographier. Un gendarme traverse la rue depuis l'ambassade américaine, nous aborde à coup de "no pictures!" et nous demande de le suivre. Nous nous en tirons en supprimant les quelques clichés.

C.M. 

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Dans le centre de Belgrade, des affiches jonchent le sol, dans l'indifférence générale
@CM
 
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Un souterrain en périphérie
@GD
 
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A côté de l'ancien immeuble de la télé nationale, vestige des bombardements
@LF
 
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On a essayé de voir au plus près
@GD
 
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Les ombres ne se ressemblent pas toutes
@LF
 
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En écho avec ce que va nous dire plus tard Valentina...
@GD
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Valentina Boskovic, nouvelle International Officer du SUS, portrait demain matin
@LF

 

 Une claque. Je crois que je n'avais jamais vu des traces de guerres récentes. Immeubles déchiquetés. Murs défoncés. Et des patrouilles qui circulent autour et qui ne se laissent pas photographier.

Boulangerie réconfortante, des croissants au beurre. Bouiboui d'une gare où on mange un de ces « tient-au-corps ». Rendez-vous devant l'Hotel Moscow, avec Valentina de la Student Union of Serbia, nouvellement elue International Officer (portrait demain matin, sur le blog). De l'engagement dans les yeux, de la clairvoyance dans les mains : "ça prendra du temps". Echos de Rilke et des autres grands "ce qui est possible est immense".

Retour à l'auberge, avec la fièvre des nouveaux arrivants. Programme chargé demain : couverture de la premiere Student constitutive Assembly, rencontre avec des responsables de l'AIESEC, et enfin avec Marko, promoteur de soirées à Belgrade.

LF 

 

 

Revue de web #2

  • La participation
"La Fédération des ONG en Serbie (FeNS) lance une campagne pour inciter la population à participer aux prochaines élections présidentielles. Une campagne similaire en 2000 aurait entraîné 5 à 10% de votants en plus."
(Blog de veille sur les droits de l'Homme en Serbie)

  • Le Kosovo, déjà indépendant ? 

Cedomir Jovanovic (LDP), dans un entretien au quotidien Politika, explique que "le Kosovo est déjà indépendant".
Selon une traduction présente ici.

  • Le droit de veto de la Russie
Selon l'agence RIA Novosti (Agence russe d'information internationale), dans un article du 16 janvier:
"La Russie devra user de son droit de veto s'agissant d'un éventuel octroi de l'indépendance au Kosovo au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies, a estimé mercredi à Moscou le président du Comité pour les Affaires internationales de la Douma (Chambre basse du parlement russe) Konstantin Kossatchev."

(l'article ici)

Extrait de la revue de presse du 11 janvier, sur le blog Robert Amsterdam:

"Alexander Botsan-Kharchenko, le représentant pour les Balkans du ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que la Russie n'agréera pas à la décision du Conseil de sécurité de l'ONU à propos de la province serbe du Kosovo, si elle ne se base pas sur un arrangement. Cette déclaration fait suite à la conférence de presse donnée par Jim Murphy, le représentant du bureau britannique des Affaires étrangères pour l'Europe, qui a appelé la Russie à ne pas poser son veto en ce qui concerne l’indépendance du Kosovo : « Comment peut-on empêcher Moscou? C'est un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et a le droit d'exercer son droit de veto. Nous avons déclaré que nous n’accorderons pas notre assentiment à une décision du Conseil de sécurité qui ne se base pas sur un arrangement ». Dans le cas contraire le 16 janvier la résolution ne sera même pas discuté. Les Etats-Unis et un certain nombre de pays européens veulent reconnaître l'indépendance du Kosovo, tandis que la Serbie et la Russie s'y opposent. D’après les experts l'indépendance du Kosovo ne se ferait pas avant le 20 janvier, date de l'élection présidentielle en Serbie."

(voir l'article dans son intégralité)

  • Des enjeux européens

Extrait d'une dépêche de l'agence RIA Novosti du 11 janvier:

"Le parlement du Kosovo ne proclamera pas unilatéralement l'indépendance de cette province serbe de jure avant le 10 mars prochain, rapporte vendredi le journal Express de Pristina, se référant à des sources dans la délégation kosovare aux négociations sur le statut du Kosovo.

Le journal prétend notamment qu'il existerait entre l'Union européenne (UE) et l'Espagne un arrangement en vertu duquel les autorités kosovares n'effectueraient pas cette démarche avant la tenue en Espagne des futures élections parlementaires, prévues pour le 9 mars prochain. On estimerait à Madrid que les événements au Kosovo pourraient se répercuter sur l'issue des législatives espagnoles dans le sens de l'aggravation des tendances séparatistes dans le pays."

(voir l'article dans son intégralité)


MC

Interview de Maria, militante du LDP

Sortie de l’aéroport, taxi direction le centre ville de la capitale serbe.

On ne peut louper les grands panneaux publicitaires qui se succèdent dans la banlieue belgradoise. Format 3x5 mètres, sur fond blanc-bleu-rouge, les deux principaux candidats posent, un sourire figé, tous les 100 mètres. Boris Tadic, Parti Démocratique (et président sortant), et Tomislav Nikolic, candidat du Parti Radical Nationaliste.
Ils ne nous quitteront plus, impossible de les ignorer. Ils s’imposent en ville sur des calicots tout aussi grands, alors que leurs militants recouvrent le moindre espace libre. Il ne semble y avoir que deux candidats à cette élection.

Quelle ne fut pas notre surprise de rencontrer dans les rues piétonnes Maria, militante du LDP, le Partie Libéral Démocrate. Ce parti présente Cedomir Jovanovic à l’élection présidentielle. Peu d’espace pour celui qu’on présente déjà comme le troisième homme de cette élection.

Le LDP tient une ligne politique différente de ses deux concurrents. Il est prêt à reconnaître l’indépendance du Kosovo. Pourquoi ? Non par choix idéologique - mais pour, enfin, tourner la page de la décennie de guerre qui a marqué le pays. Maria nous explique que « la Serbie n’a pas les moyens de recueillir les Serbes du Kosovo. Il faut que la province devienne indépendante, mais que l’ensemble des populations vive ensemble, comme à l’époque de la Yougoslavie. » 

GD
Montage: CM

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