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mercredi, 06 février 2008

En attendant le reportage définitif...Morceaux choisis

Salut à tous !

En attendant le reportage final, vous pouvez retrouver une sélection d'articles et sélection de photographie :

- Journal Europa

- StaubProjekt

 

mercredi, 23 janvier 2008

Belgrade - Pristina : voyage au bout d'une nuit

Gare routière de Belgrade, 22h. Nous sommes les deux seuls étrangers dans le bus. Direction Pristina, Kosovo. Les chauffeurs, amusés par nos quelques mots de serbe, nous donne une place de choix a l’avant. Le bus s’arrête à plusieurs reprises au bord de l’autoroute. A chaque fois, une ou deux personnes attendent dans la nuit.

Après deux heures de voyage, pendant lesquelles le paysage devient de plus en plus montagneux, le bus s’arrête. C’est l heure de pause. Avant même de pénétrer dans le restaurant, des portraits de Tito nous entourent. A l’intérieur, outre les tableaux à l’effigie du maréchal, une grande carte de Yougoslavie tapisse le mur. Une bibliothèque est exclusivement dédiée au personnage, ainsi que des bustes et autres objets.

Apres cette pause insolite, direction Nis, où nous quittons l’autoroute pour une route plus tortueuse. Ambiance détendue, les chauffeurs nous tendent une cigarette, les hauts parleurs du bus crachent de la pop serbe.

Au milieu de nulle part, à une cinquantaine de kilomètres de la "frontière internationale", nous croisons le car qui remonte vers Belgrade. Stupéfaction : nous stoppons à sa hauteur, les chauffeurs échangent les plaques minéralogiques, l’une serbe, l’autre kosovare. Nous supposons qu’une plaque serbe en zone albanaise du Kosovo représente un risque.

Pour entrer au Kosovo, il faut franchir deux check points. Un premier contrôle d’identité au barrage serbe. Quelques mètres plus loin, les policiers de l’UNMIK, la force intérimaire du Kosovo (ONU), fouille les bagages et monte à bord. Est-ce une frontière que nous passons? Le laissez-passer de l ONU peut nous le laisser croire. Lorsque nous croisons des voitures albanaises, les chauffeurs, "taquins", restent en pleins phares. Micro-resistance?

CM
GD

lundi, 21 janvier 2008

D'un rakia à "l'esprit des Balkans"

Kafana. Restaurant typique serbe, centre de Belgrade.

Alors que nous mangeons, un groupe de musique gypsy fait irruption. Les gens se lèvent et commencent a danser. Une farandole démarre et fait le tour des tables. Les gens sortent dehors puis rentrent a nouveau en se tenant par les bras. On monte sur les tables, on chante.

22h30, le restaurant se vide peu a peu. Le groupe gitan s’arrête. Un homme assis à une table à côté de nous les retient. Il sort une liasse de son portefeuille, appelle le chef d’orchestre, lui montre une serviette en papier et aligne billet sur billet. Il replie la serviette de table et la tend au chanteur. La musique repart de plus bel et les musiciens entourent la table et jouent pour l’homme et ses amis.

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Le concert touche à sa fin. Au bruit de la grosse caisse l’orchestre s’éloigne. Il ne reste plus que trois tables occupées : la nôtre, celle de nos voisins et, plus loin, celle d'un couple. Ils sont grecs. L’homme parle serbe, il a étudié ici pendant trois ans lorsqu’il était jeune.

On nous sert de la Rakia. Nous nous retrouvons tous à la table des Serbes.





L’homme qui nous a invite à sa table, barbu et les cheveux mi-longs, fait signe à ses amis. Ils se saisissent de leurs instruments. C’est reparti pour la musique. Lui se met à chanter. Il appelle le serveur posté à l’entrée, un vieux, le visage creusé par les rides, les yeux rieurs. Il lui prend son béret, s’en coiffe et éparpille ses cheveux sur ses yeux. Il prend alors un couteau sur la table et le porte entre ses dents. Nous voici ainsi face à face avec une reproduction de l’affiche de propagande nazie contre le bolchevisme. Tout le monde éclate de rire. L homme nous explique que la musique est en fait le chant des partisans yougoslaves durant la seconde guerre mondiale. Il nous demande d’où nous venons. Fransousca? Il lève la main, la musique s’arrête. C’est pour vous. Il entame un nouveau chant, plus mélancolique. Notre voisin nous explique que cette chanson  raconte la fraternité entre les soldats serbes et français pendant la première guerre mondiale... Car oui, « nos peuples sont amis ».

On nous offre de nouveau de la rakia. Notre « bolchevique » engage la conversation avec le Grec. Ils parlent politique. Plus spécifiquement du Kosovo. Sujet sensible. Le ton monte. Peu après, le Grec nous dit que même s’ils ne sont pas d’accord sur ce point, ils sont frères.

« Savez-vous que le seul pays européen à avoir condamné les bombardements en 1999 est la Grèce? Nous les aimons, c'est ça l'esprit des Balkans ».

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Un de nos voisins explique que le fait de revendiquer un Kosovo serbe n’a rien d’ « ultranationaliste » :

« Nous ne sommes pas des fascistes. Nous avons combattu ensemble en 1914. En 1940, nous luttions contre Hitler. La situation au Kosovo est comme qui dirait la même que pour le Pays Basque en Espagne ou la Corse en france. J'ai mes frères et soeurs qui vivent là-bas. De plus, le Kosovo est le berceau de notre nation. Aujourd'hui il y a une répression terrible contre les Serbes de la province. Nous devons les protéger. Mais aussi réussir a vivre en paix avec les Albanais... »


il se fait tard. Derniers verre de rakias, un pour nous porter chance, un pour la route... 'Jiveli'  Nous prenons congés de nos hôtes. Ils nous remercient, cela est réciproque... Avant de  partir,  ils nous donnent leur numéro de téléphone : « Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas... »

 
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